NOS ETATS D'AME MODIFIENT NOTRE ADN (+définition de l'Epigénétique)

Publié le par Kaye Jean-Claude

Article percutant que celui du Sciences et Vie de mars 2010.

 

Freud avait déjà observé il y a plus d'un siècle, que les traumatisme psychologiques laissaient une trace indélébile à l'âge adulte.

Depuis, une multitude d'études cliniques l'ont confirmé : ceux qui ont subi de grands traumatisme dans l'enfance sont globalement plus sujets à la dépression, à la toxicomanie, aux comportements asociaux, mais aussi à l'obésité, au diabète et aux maladies cardio-vasculaires.

Pis, ce mal-être s'ancre parfois en nous AVANT la naissance !

 

Comment des expériences négatives peuvent-elles s'inscrire dans l'organisme au point d'affecter durablement le comportement ou la santé ?

 

Le secret de cette empreinte biologique serait niché dans l'Adn, là où les effets du stress peuvent perturber l'organisme.


Ce pouvoir étrange de l'esprit sur le corps a été montré en 2004 par la biologiste Elizabeth Blackburn, prix Nobel de médecine en 2009, et Elissa Epel, psychiatre à l'université de Californie.

 

L'extrémité des chromosomes (les télomères) est altérée (les télomères raccourcissent) par le stress psychologique chronique.

 

Ce n'est pas tout : le stress inscrit également sa marque directement sur nos gènes, modifiant de façon ciblée et durable certains de nos comportements !

Cette action relève d'un phénomène biologique dont l'importance se dévoile aujourd'hui : c'est L'EPIGENETIQUE.

 

L'Epigénétique intéresse les modifications chimiques qui affectent l'Adn autres que les mutations qui touchent la structure même de la molécule.

Des groupements méthyles viennent en cas de stress, parasiter l'Adn dans l'utilisation des gènes.


A son tour la zone cérébrale qui gère l'hippocampe, les émotions, s'en trouve affecté.

 

C'est parfois en remontant très loin dans l'histoire d'un individu, AVANT SA NAISSANCE, que l'on trouve la source de la maladie.

Certaines mémoires de stress peuvent remonter à plusieurs générations, comme celles laissées par exemple par la famine.

 

Les chercheurs pensent que la plupart des maladies chroniques comme l'asthme, le cancer, le diabète, l'obésité, et des maladies neurologiques telles que l'autisme, les troubles bipolaires, la schizophrénie, résultent en partie d'une mauvaise régulation épigénétique lors des tous premiers stades de développement.

 

Alors que le génome d'un individu reste très stable au cours de sa vie, l'ensemble des marques épigénétiques qui règlent l'expression des gènes, son épigénome, varie constamment en réactions aux variations extérieures.

 

L'épigénome est donc une interface entre nos gènes statiques et notre environnement variable.



HEUREUSEMENT LE PHENOMENE EST REVERSIBLE !

 

Soit par une médication ciblée, soit par l'apprentissage d'émotions positives à l'aide par exemple de la relaxation, la méditation, l'activité physique choisie.

 

Contrairement à ce qu'affirmaient les scientifiques dans les années 1990, nous ne sommes donc pas uniquement le produit de nos gènes, mais nos expériences, nos émotions, et même nos actions, façonnent l'expression de ces gènes en permanence, avec la certitude que rien n'est irrémédiable.

 


 


Publié dans SCIENCES ET VIE

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